mardi 4 octobre 2016

Arches, mardi 9 Août

Nous avons quitté Dead horse state park pour prendre la direction de Arches National Park. 

C'est l'un des plus célèbres parc que l'Utah, car l'une de ses arches est devenue le symbole de l'Etat de Utah. Nous y sommes allés dans l'aprés-midi, afin de profiter de la lumière plus douce-orangée du soir. 



Nous avons, comme d'habitude, pris nos livrets de Junior Ranger, et sommes repartis à l'aventure. Le parcours est long, avec beaucoup de route. En sortant du visitor center, on monte la falaise, et là haut le point de vue est splendide (il faut que je trouve tous les synonymes de beau, j'ai l'impression de radoter). 









Puis nous avons continué, direction le très célèbre "balanced rock". Là, nous avons découvert les cars de touristes chinois. Pas japonais, j'y étais fort habituée par Paris. Mais des chinois. Nous avons commencé la mini (vraiment mini) rando autour du balanced rock. Désormais habitués aux moeurs américaines, nous avons appris à :
1/ être attentifs aux gens autour: on repère assez vite lorsque quelqu'un essaie de prendre une photo, et on évite de "photobomb". 
2/ être patients: lorsque d'autres prennent une photo, nous attendons sans montrer la moindre impatience qu'ils aient fini, même si ça peut des fois être longs
3/ être gentils: on propose de prendre la photo pour les couples ou familles qui le souhaiteraient. 


Je ne dis pas que c'est naturel pour nous, nous avons constaté et apprécié ce comportement venant des Américains depuis un an, et le trouvant extrêmement plaisant, nous nous sommes mis à l'appliquer. C'est vraiment agréable lorsque tout le monde y met de la bonne humeur, de la gentillesse. On prend peut-être 1 minute, mais ça les vaut. Et donc, là, le car de Chinois... eux, n'ont pas du tout cette habitude. En grande majorité des femmes, elles passaient devant notre objectif, sans se gêner, et même s'y arrêter. Mais nous avons appris à être patients, alors, on rongeait notre frein et on attendait qu'elles prennent leurs photos... mais à l'heure du "selfie stick" et du "multi photo" ... ça prend des HEURES. Comptez bien: elles prenaient une photo avec leur appareil photo. Une autre avec leur tablette. Et une autre avec leur téléphone portable. Et quand je dis une, en fait, je parle plutôt d'une dizaine, chaque photo ayant une tournure de nuque de 10 degrés de différence. Les photos des rochers, ça ne vaut le coup que s'il y a en deux fois plus gros leur bon profil. Et puis, il ne faut oublier la pose "je regarde au loin en contemplant mon avenir" ou la "je tiens du bout de mes mains le rocher qui tombe". Et j'en oublie. Toujours est-il qu'au bout de 10 minutes à observer les misses en plein exercice de narcissisme, ou d'auto-marketing de leurs futures publications sur facebook, nous avons fini par perdre patience, et on leur a demandé si leur égo pouvait se déplacer un peu pour que nous puissions prendre une photo. Mais quand l'une acceptait de partir, une autre arrivait. 

Ce fut une expérience assez déplaisante, à vrai dire. Car il y avait beaucoup, beaucoup de cars de touristes. Sur notre route, j'en ai dénombré au moins cinq. Je ne sais pas si c'est habituel, ou si c'était exceptionnel. Ils marchaient peu, donc nous avons fini par les semer en prenant une hike qui demandait plus de 5 minutes de marche. 

Et vous allez dire "mais vous aussi, vous prenez des photos narcissiques, et vous les publier sur facebook". Ben oui, mais NON. En fait, pour une photo de nous, il y en a 30 fois plus de simples cailloux. Et nous prenons un temps pour le regarder avec nos yeux en premier, pour observer les alentours (et aussi, pour répondre au livret des rangers). Les photos que nous prenons sont un point final à notre passage, car il est vrai que la photo est le meilleur souvenir qu'il soit, et pour différencier notre souvenir de celui des autres, nos museaux sont encore ce qu'il y a de mieux. C'est pour cela que nous avons appris à patienter pendant que les autres prennent leurs photos, et même à leur offrir notre aide pour permettre à chacun d'avoir son souvenir. Mais ça se partage, et si certains ne font aucun cas des autres autours d'eux, c'est juste nul. Heureusement, cela n'est arrivé QUE dans ce parc. C'est peut-être pour cela que je le souligne.

Allez, place à nos nombrilismes:

Le Balanced rock: 





La zone pas loin du caillou qui se balance: garden of eden, elephant butte, 




Au fond de cette route, il y a les windows (fenêtres), avec beaucoup d'arches. Une petite marche, pas très longue et plutôt facile à faire .







Double Arch. Celle qui m'a le plus impressionné... elles sont immenses, grandioses. Si vous regardez sur la photo, il y a un petit point jaune: c'est le short d'un des garçons. Vous aurez une idée de la taille.





Fiery Furnace:


Vers Devil's Garden:

















Nous avons ensuite repris la longue route pour aller voir Delicate Arch, la fameuse. Le symbol de l'Utah que l'on voit souvent sur les plaques d'immatriculation. La rando pour l'atteindre est difficile, et les enfants étaient crevés de tant de marche. Nous n'avons fait que la rando "modérée" pour la voir d'en face. Ca valait tout de même la peine.




Ici, il y a parfois du vert au sol, ressemblant à du vert de gris. C'est du fer, et non du cuivre en fait. D'habitude, dans les autres parcs, ce fer devient rouge. Tout dépend de sa concentration et des conditions de formation. Sa couleur ira du rouge, noir, orange, violet, ou vert de gris.


Ce parc était absolument phénoménal pour ses arches. J'en retiens effectivement que le bien-vivre ensemble est indispensable pour une bonne expérience. Mais en ne s'arrêtant pas à cela, on profite beaucoup des pierres, des formations incroyables, et de ce temps absolument parfait : il y avait un peu de vent pour rafraîchir, sur ces hauteurs, et ces petits nuages dans le ciel donnaient de la profondeur à ce paysage. On est prêts à supporter tous les cars de touristes pour cet inestimable expérience!

A suivre...  

vendredi 30 septembre 2016

Colorado River et Dead Horse State Park

Voici notre dernière journée à Moab arrivée. Nous dormirons encore ici, mais reprendrons la route le lendemain. Il faut donc profiter de tout ce qu'on peut voir aujourd'hui. 

Nous pensions aller faire un tour en bateau sur le Colorado. Mais les tours sont très chers, et Raphaël ne voulait que le bateau tranquille, pas de raft ou autre. Donc, nous n'avons pas trouvé à la dernière minute de places, et finalement, compte tenu du prix, j'ai trouvé ça mieux. Nous avons donc fait les berges du Colorado en voiture. Nous aurions pu les faire à pieds, ou à vélos. Mais nous n'avions pas de vélo, et la route est longue. 

Nous avons donc longé le canyon. Plus loin au sud, le Colorado forme le GRAND canyon, qui est gigantesque. Ici, il nous parait déjà gigantesque. La route est classée "scenic byway". Nous sommes allés jusqu'au pont, puis nous avons fait demi-tour pour retourner vers Moab. La route commence par longer le parc national Arches. Parfois, le canyon est assez étroit, et parfois, on a une vallée assez large.



Sur la partie gauche, une piste cyclable a été construite, la balade doit être bien agréable. Il y a beaucoup de points pour camper, faire un pique-nique. Et de nombreux parkings, notamment pour amener son bateau, et descendre le Colorado.




Le vieux pont tout cassé.






Ce qui me rendait heureuse de n'avoir pas fait la "croisière" qui risque d'éclabousser, c'était bien la couleur de l'eau. Elle doit charrier beaucoup de ce sable (le navajo?) qui donne la couleur aux montagnes. Mais ça fait très très boueux vu de l'extérieur. Je n'ai pas trop envie de m'y baigner.


Quelques vues de la grande plaine:



Où bien entendu, un ranch s'est construit. Puis un hôtel aussi, qui fait restaurant.










Comme d'habitude, les enfants ont hurlé à la mort qu'ils avaient faim. Nous avons réussi à les faire patienter sans pour autant qu'ils en viennent à manger le cuir des sièges de la voiture. Nous leur avions promis de manger à Dead Horse State Park.


Le tout petit souci, c'est que ce parc se trouve tout à côté de Canyonlands, donc un peu loin. Les enfants avaient abandonné l'idée de manger les sièges, pour mieux râler. Heureusement pour moi, j'avais des Cheetos dans le sac de pique-nique.

Les Cheetos, Ce sont ces trucs horribles qui ressemblent à des carottes. En fait, c'est comme des curly français, mais pas au goût 'cahuète. Au goût cheddar en poudre dégueu. En plus, ils sont colorés en orange bien criard. Ce qui fait... des tâches absolument ignobles sur tout après ingestion du produit. L'enfant aura tout d'abord de l'orange plein le visage. Puis sur son haut de vêtement. Puis, sur ses mains et tout ce que ses mains toucheront pendant des heures. DES HEURES. C'est ignoble. Et je ne parle même pas du nombre de calories, ou des produits chimiques dedans. Normalement, c'est INTERDIT à la maison. Mais un jour, François qui était allé au supermarché, pour une fois, avec Raphaël, en avait ramené un paquet, ravi de faire plaisir au bambin. Même qu'il me l'a dit fièrement. "maman! on a des cheeeeeeetos!". Car ce truc agit sur eux avec un pouvoir ravageur: ça ravage leur culture française du bon goût et leurs neurones également (et sans parler de ces fichues taches sur le T-shirt ou sur mes murs). François a vite compris que je n'étais pas vraiment aussi joyeuse que lui à cette idée. Bref, le paquet fut rangé au placard en attendant "une sortie au grand air", où les calories seraient dépensées, et où mes murs n'auraient pas à pâtir de ce choix malheureux.

Et comme ici, la terre et la roche sont déjà oranges... Alors, c'était fête pour les enfants. Ils m'ont tout pardonné. Après, ils ont couru partout, dans tous les sens, en bondissant. Des marsupilami sous stéroïdes. Au moins, ils ne se plaignaient pas que c'était fatiguant de marcher. Bon point. Si quelqu'un m'avait demandé si ces ouistitis sous ecstasy aux yeux injectés d'orange étaient les miens, j'aurais probablement répondu que non. Il y avait encore beaucoup de Français, et ils n'auraient point compris mon excuse "désolée, c'est l'effet cheetos". Ils connaissent pas, les bienheureux, ces cheetos là. Faites moi penser, un jour, à vous montrer en photo un verre de Fanta. L'effet Fanta est à peu près équivalent à l'effet cheetos. La poudre en moins (mais c'est un liquide qui colle et, surtout renversé sur un parquet en bois, je vous assure qu'on n'a rien à y gagner).



Après ce déjeuner, bien ombragé mais un peu venteux, nous sommes allés voir la vue. Nous n'avons pas eu à marcher beaucoup (donc les enfants ont fait 4 fois le trajet aller-retour en courant) pour apprécier cette vue stupéfiante. Alors bon, nous y étions à l'heure du déjeuner. Donc l'heure où le soleil est le plus haut. Vous savez ce que ça signifie, les enfants? A part que la crème solaire est obligatoire? Que c'est aussi le moment où la lumière est la plus blanche. Le matin, et le soir, les rayons du soleil doivent traverser l'atmosphère, ainsi que la couche d'ozone sur une plus grande distance. Les ondes les plus courtes sont en partie absorbées, et le ciel prend une teinte plus orangée. Car les enfants, le blanc de la lumière n'est en fait que la somme de toutes les couleurs. S'il en manque une, ça se voit.

En ce qui nous concerne ce jour-là, la roche est un peu terne par rapport à son image de carte postale. Sur place, on se rend bien compte des couches, de la profondeur, de l'immensité, tout ce que je répète inlassablement. Mais en photo, il est sûr que ces lumières de l'aube, ou mieux encore, du crépuscule, sont une aide à la visualisation. Mais j'ai choisi de ne retoucher AUCUNE photo que je publie de ce voyage. Sauf là, pour vous montrer la différence, et une autre fois pour augmenter la lumière car on ne voyait pas nos têtes en contre-jour. C'est tout. Je ne suis pas photographe, François non plus. Et je l'assume fort bien. Nos photos ne sont que des photos familiales de vacances. Il y a des tonnes d'autre sites où l'on peut voir des clichés sublimes, et ne serait-ce que sur le site internet "visit Utah", vous en aurez plein les yeux.


En changeant les couleurs via picasa, voilà ce que ça donne:


Dans notre version pâle de cette boucle du Colorado, voici la tête de mes enfants orangés.




Et là, que voyons nous? Une vue qui ne semble pas plus naturelle qu'un bol de cheetos!
Nous n'avions aucune information au moment de la visite, mis à part leurs titres de "basins". En fait, ce sont des bassins d'évaporation pour récupérer le potasse. Un produit est ajouté dans l'eau pour accélérer cette évaporation, ce qui lui donne cette teinte bleue. Informations trouvées ici. C'est joli à regarder, mais non les enfants, ce n'est pas une piscine dans laquelle vous allez sauter.










Ci-dessous, notre lieu de pique nique, avec Bertie à côté. Finalement, dans cette immensité, elle ne semble pas si grosse.



Nous sommes bien entendus passés au visitor center. Il y avait encore beaucoup d'informations à découvrir. Ce que je ne savais pas, c'est qu'il y avait un programme Junior Ranger. Dommage, une autre fois. Donc le parc a été nommé ainsi car la légende dit qu'au début du XX ème siècle, le lieu était utilisé pour rassembler les mustangs sauvages. Le lieu était muni de barrières d'un côté, la falaise servait de barrière naturelle de l'autre côté. Les cow-boys prenaient le temps ainsi de choisir les meilleurs chevaux. Les plus faibles étaient relâchés dans la nature. Une fois, sans en connaître la raison, les chevaux sont restés enfermés, sans eau (il n'y a aucune source d'eau en haut de la Mesa), et ils en sont morts. Ce nom est resté. Mais, c'est une légende.

Notre route n'étant pas finie pour la journée, il fallait que nous repartions sans trop s'attarder.

A suivre...