vendredi 7 octobre 2016

Voyage et Capitol Reef

En ce Mercredi 10 Août, j'avais établi un programme "repos".

J'avais à la base prévu de passer une journée de plus dans Moab, mais puisque nous avions réussi à tout faire rentrer sur ces 3 jours, nous n'avions rien de neuf à voir. Donc je voulais un matin moins vif, plus relaxant. Faire les valises, repartir et profiter de la route pour aller à Capitol Reef. 

En partant, nous nous arrêtons au visitor center du parc Arches. La veille, nous avions quitté le parc un peu plus tard qu'à l'habitude, et le centre fermait ses portes à 18h. Les enfants veulent absolument leurs jolis bagdes de rangers. Mais vers 9 heures, il y a du monde en attente pour payer l'entrée. Comme d'habitude, nous choisissons la mauvaise file. Et Pierre nous fait une sacrée surprise: il saigne du nez! Ca ne lui arrive jamais, mais là, en plus il y va fort. La grosse voiture est baptisée, car on ne peut pas laver les ceintures de sécurité. Raphaël est un grand saigneur de nez, surtout depuis la Californie: l'air très sec n'aide pas. Dans l'Utah, c'est pire: sec, altitude et efforts. Mais Pierre, c'est tout nouveau... il le refera au cours du voyage, mais plus du tout ensuite. Ils se donneront le rythme l'un et l'autre. Le bon point, c'est qu'ils connaissent bien le principe, et ne sont donc pas effrayés par la vue du sang. Pire, ils en rigolent, ces coquins! Ils ont donc toujours un mouchoir en poche, au cas où. En tout cas, ça nous a bien occupé pendant l'attente. Et une fois arrivés au guichet, la dame est interloquée: nous lui présentons notre pièce d'identité allant avec le pass annuel: c'est un permis de conduire américain. Pourtant, notre nom et accent est bien français. Figurez vous qu'elle a papoté de pendant de longues minutes. 20 voitures attendent derrière nous, pas grave. On ne stresse pas, ici.


Nous avons donc rendu les livrets, répondu aux questions du ranger, prêté serment. Et nous sommes repartis adoubés du statut de junior rangers. Gabrielle est fière à chaque fois comme au premier jour. C'est une grande collectionneuse. Elle collectionne les collections, même. Alors ces badges, il les lui faut tous. Heureusement, elle ne joue pas aux pokémons...


Pour la route, il faut suivre d'abord le chemin par lequel nous sommes arrivés, puis tourner à Green River pour prendre un chemin qui mène au fin fond de l'Utah. Il n'y a rien aux alentours, à part des roches, et encore, plutôt au loin. Le trajet durera 2h30. Nous mangeons nos sandwichs en voiture. Après le sang, peu importe quelques miettes! Il y a sur la route, à un moment, indiqué "bump". Ca ne parait rien, mais il faut voir comme notre voiture a décollé! Nous ne savions pas que la voiture pouvait voler. Ca a suffit à amuser les enfants pour la journée. Mieux qu'une montagne russe.






Nous arrivons à Capitol Reef, un peu surpris de ne pas trouver de guichet d'entrée. Le parc a une géographie étonnante: Il est traversé de part en part par une route. Comme c'est le seul passage pour aller dans ces régions éloignées, il est impossible de demander un paiement à tous ceux qui ne font que passer. Donc, une seule zone du parc est payante, et il n'y a pas de guichet, une simple boîte au lettre où les gens honnêtes déposent l'argent. Ayant un pass, nous serons donc honnêtes d'une autre façon. 


Ci dessus, vous verrez la grandeur du parc, dont une immense partie n'est même pas vraiment accessible au public: aucune route ni accès. C'est surtout pour protéger la zone qu'elle a été classifiée "National Park". Nous croisons aussi sur la route des vestiges de pionniers:





Comme à notre bonne habitude, passage au visitor center. La Ranger, hyper gentille, nous dit qu'il y a des programmes spécial enfant dans 20 minutes: un sur l'astronomie, l'autre sur la géologie peu après. Je n'avais pas prévu de faire le parc tout de suite, plutôt d'aller à l'hôtel (notre seule nuit d'hôtel), et de revenir, de nuit, voir les étoiles. Mais bon, on ne doit jamais dire non à un peu d'instruction supplémentaire pour les enfants. En plus, dit-elle, les enfants auront en cadeau un patch pour chaque programme. Il n'en fallait pas plus pour convaincre Gabrielle, qui y voyait une collection supplémentaire à faire. D'ailleurs, elle venait de nous faire une crise car on lui refusait un pins dans la boutique. Elle les collectionne aussi. Comme 3000 choses. Le porte monnaie ne suit pas. 

Nous nous sommes donc installés dans cette petite oasis nommé fruita: ici, des pionners se sont installés (mormons, je crois) pour y faire de la culture. Il y a de très nombreux arbres fruitiers encore. Lorsque les fruits sont murs, les visiteurs peuvent aller se servir (je ne sais même pas s'il faut payer). Des produits sont fabriqués avec ces récoltes dans une petite maison, restant de cette époque de pioniers: pies, confitures... C'est le premier parc où l'on peut acheter de la nourriture. Les autres préviennent: ni essence, ni nourriture ni parfois eau. Prévoyez tout avant.





Dans cette maisonnette, une jeune et jolie, mais immense ranger donne une leçon d'astronomie, puis de géologie aux enfants. Les garçons, réticents au début, finissent par participer avec plaisir. Au loin, un peu d'orage gronde, et on a quelques gouttes d'eau. Ca m'inquiète un peu, je n'ai pas prévu beaucoup de tenues pour la pluie, mais surtout, la nuit s'annonce plus difficile que prévue: pour l'hôtel et pour la contemplation d'étoiles. Nous avons passé l'entre deux leçons à faire les livrets de junior rangers, découvrir le mini musée, remplir les livrets de jeune géologiste, ou de jeune astronome. Le centre était aussi un mini-musée pour les enfants, où nous avons pu apprendre beaucoup de choses sur les natifs, sur la nature, sur les étoiles.












Autre fait peu rassurant, l'insistance sur la possibilité de croiser des mountains lions:


Allez, après ces quelques heures non prévues passées dans le parc, et 6 badges supplémentaires, nous repartons vers notre hôtel.

A suivre...

mardi 4 octobre 2016

Arches, mardi 9 Août

Nous avons quitté Dead horse state park pour prendre la direction de Arches National Park. 

C'est l'un des plus célèbres parc que l'Utah, car l'une de ses arches est devenue le symbole de l'Etat de Utah. Nous y sommes allés dans l'aprés-midi, afin de profiter de la lumière plus douce-orangée du soir. 



Nous avons, comme d'habitude, pris nos livrets de Junior Ranger, et sommes repartis à l'aventure. Le parcours est long, avec beaucoup de route. En sortant du visitor center, on monte la falaise, et là haut le point de vue est splendide (il faut que je trouve tous les synonymes de beau, j'ai l'impression de radoter). 









Puis nous avons continué, direction le très célèbre "balanced rock". Là, nous avons découvert les cars de touristes chinois. Pas japonais, j'y étais fort habituée par Paris. Mais des chinois. Nous avons commencé la mini (vraiment mini) rando autour du balanced rock. Désormais habitués aux moeurs américaines, nous avons appris à :
1/ être attentifs aux gens autour: on repère assez vite lorsque quelqu'un essaie de prendre une photo, et on évite de "photobomb". 
2/ être patients: lorsque d'autres prennent une photo, nous attendons sans montrer la moindre impatience qu'ils aient fini, même si ça peut des fois être longs
3/ être gentils: on propose de prendre la photo pour les couples ou familles qui le souhaiteraient. 


Je ne dis pas que c'est naturel pour nous, nous avons constaté et apprécié ce comportement venant des Américains depuis un an, et le trouvant extrêmement plaisant, nous nous sommes mis à l'appliquer. C'est vraiment agréable lorsque tout le monde y met de la bonne humeur, de la gentillesse. On prend peut-être 1 minute, mais ça les vaut. Et donc, là, le car de Chinois... eux, n'ont pas du tout cette habitude. En grande majorité des femmes, elles passaient devant notre objectif, sans se gêner, et même s'y arrêter. Mais nous avons appris à être patients, alors, on rongeait notre frein et on attendait qu'elles prennent leurs photos... mais à l'heure du "selfie stick" et du "multi photo" ... ça prend des HEURES. Comptez bien: elles prenaient une photo avec leur appareil photo. Une autre avec leur tablette. Et une autre avec leur téléphone portable. Et quand je dis une, en fait, je parle plutôt d'une dizaine, chaque photo ayant une tournure de nuque de 10 degrés de différence. Les photos des rochers, ça ne vaut le coup que s'il y a en deux fois plus gros leur bon profil. Et puis, il ne faut oublier la pose "je regarde au loin en contemplant mon avenir" ou la "je tiens du bout de mes mains le rocher qui tombe". Et j'en oublie. Toujours est-il qu'au bout de 10 minutes à observer les misses en plein exercice de narcissisme, ou d'auto-marketing de leurs futures publications sur facebook, nous avons fini par perdre patience, et on leur a demandé si leur égo pouvait se déplacer un peu pour que nous puissions prendre une photo. Mais quand l'une acceptait de partir, une autre arrivait. 

Ce fut une expérience assez déplaisante, à vrai dire. Car il y avait beaucoup, beaucoup de cars de touristes. Sur notre route, j'en ai dénombré au moins cinq. Je ne sais pas si c'est habituel, ou si c'était exceptionnel. Ils marchaient peu, donc nous avons fini par les semer en prenant une hike qui demandait plus de 5 minutes de marche. 

Et vous allez dire "mais vous aussi, vous prenez des photos narcissiques, et vous les publier sur facebook". Ben oui, mais NON. En fait, pour une photo de nous, il y en a 30 fois plus de simples cailloux. Et nous prenons un temps pour le regarder avec nos yeux en premier, pour observer les alentours (et aussi, pour répondre au livret des rangers). Les photos que nous prenons sont un point final à notre passage, car il est vrai que la photo est le meilleur souvenir qu'il soit, et pour différencier notre souvenir de celui des autres, nos museaux sont encore ce qu'il y a de mieux. C'est pour cela que nous avons appris à patienter pendant que les autres prennent leurs photos, et même à leur offrir notre aide pour permettre à chacun d'avoir son souvenir. Mais ça se partage, et si certains ne font aucun cas des autres autours d'eux, c'est juste nul. Heureusement, cela n'est arrivé QUE dans ce parc. C'est peut-être pour cela que je le souligne.

Allez, place à nos nombrilismes:

Le Balanced rock: 





La zone pas loin du caillou qui se balance: garden of eden, elephant butte, 




Au fond de cette route, il y a les windows (fenêtres), avec beaucoup d'arches. Une petite marche, pas très longue et plutôt facile à faire .







Double Arch. Celle qui m'a le plus impressionné... elles sont immenses, grandioses. Si vous regardez sur la photo, il y a un petit point jaune: c'est le short d'un des garçons. Vous aurez une idée de la taille.





Fiery Furnace:


Vers Devil's Garden:

















Nous avons ensuite repris la longue route pour aller voir Delicate Arch, la fameuse. Le symbol de l'Utah que l'on voit souvent sur les plaques d'immatriculation. La rando pour l'atteindre est difficile, et les enfants étaient crevés de tant de marche. Nous n'avons fait que la rando "modérée" pour la voir d'en face. Ca valait tout de même la peine.




Ici, il y a parfois du vert au sol, ressemblant à du vert de gris. C'est du fer, et non du cuivre en fait. D'habitude, dans les autres parcs, ce fer devient rouge. Tout dépend de sa concentration et des conditions de formation. Sa couleur ira du rouge, noir, orange, violet, ou vert de gris.


Ce parc était absolument phénoménal pour ses arches. J'en retiens effectivement que le bien-vivre ensemble est indispensable pour une bonne expérience. Mais en ne s'arrêtant pas à cela, on profite beaucoup des pierres, des formations incroyables, et de ce temps absolument parfait : il y avait un peu de vent pour rafraîchir, sur ces hauteurs, et ces petits nuages dans le ciel donnaient de la profondeur à ce paysage. On est prêts à supporter tous les cars de touristes pour cet inestimable expérience!

A suivre...